Le PRP, qu’est-ce que c’est ?
Le PRP (plasma riche en plaquettes) est une technique de médecine régénérative qui utilise les propres ressources du corps du patient pour favoriser la réparation et la régénération des tissus. À partir d’un prélèvement sanguin, le plasma est concentré en plaquettes puis réinjecté au niveau de la zone à traiter.
Comment est préparé le PRP ?
Le PRP est fabriqué à partir du propre sang du patient, au cabinet, le jour même de l’injection :

- Prélèvement sanguin — un tube de sang est prélevé, comme pour une prise de sang classique.
- Centrifugation — le tube est centrifugé à haute vitesse : cette rotation sépare les composants du sang selon leur densité, isolant le plasma et les plaquettes des globules rouges et blancs.
- Concentration — le plasma ainsi obtenu est enrichi en plaquettes, les cellules du sang chargées de la coagulation et de la cicatrisation.
- Injection — ce concentré est réinjecté au niveau de la zone à traiter (articulation, tendon, cuir chevelu…), sous échographie lorsque la précision du geste le nécessite.
L’ensemble du procédé — prélèvement, préparation et injection — se déroule dans le même lieu et dans le même temps, sans étape de culture ni de manipulation en laboratoire extérieur. Le volume final de PRP injecté varie généralement entre 3 et 12 ml selon la zone traitée.
Point important : la qualité et la reproductibilité du résultat dépendent directement de la bonne caractérisation du PRP injecté (concentration en plaquettes, présence ou non de globules blancs, activation ou non avant injection) — d’après le GRIIP (Groupe de recherche international sur les injections plaquettaires). C’est pourquoi la technique de préparation utilisée doit être fiable et constante d’une séance à l’autre.
Les grandes indications du PRP
Le PRP est surtout connu en médecine musculo-squelettique, mais son champ d’application s’est élargi à plusieurs autres disciplines, de la dermatologie à l’urologie et à la gynécologie. Un point commun : partout où il est utilisé, l’objectif est de s’appuyer sur les capacités naturelles de réparation de l’organisme.


Médecine musculo-squelettique
C’est le domaine historique du PRP, celui où le recul est le plus important :
- Arthrose — c’est l’une des indications les plus fréquentes du PRP en médecine musculo-squelettique, tous niveaux d’arthrose confondus, et tout particulièrement au niveau du genou. Les injections intra-articulaires visent à soulager la douleur et à accompagner l’articulation dans la durée. Sur le plan pratique, le soulagement obtenu est le plus souvent satisfaisant ; l’intérêt du PRP semble surtout se situer sur le long terme, avec un effet qui se prolonge au-delà du simple soulagement initial — d’après le GRIIP.
- Tendinopathies (tendon d’Achille, tennis elbow, tendinopathies de l’épaule ou de la hanche…) — les injections de PRP, souvent associées à une technique de ponction-fragmentation à l’aiguille sous échographie, font partie des options utilisées dans la prise en charge des tendinopathies rebelles aux traitements conventionnels, d’après le GRIIP.

Dermatologie — chute de cheveux
L’indication la mieux documentée en dehors du champ musculosquelettique est la chute de cheveux d’origine androgénétique. Les études disponibles montrent que le PRP activé peut améliorer la densité capillaire et ralentir la chute, avec des résultats jugés comparables, voire supérieurs, à certains traitements de référence.

Dentaire et chirurgie orale
En chirurgie implantaire, le PRP (et sa variante le PRF, plasma riche en fibrine) est utilisé comme adjuvant pour accélérer la cicatrisation osseuse et améliorer la stabilité initiale des implants dentaires, notamment dans les cas de reconstruction osseuse complexe. Les revues récentes le décrivent comme prometteur, tout en appelant à des protocoles plus standardisés.

Cicatrisation des plaies chroniques
Le PRP est également étudié pour aider à la cicatrisation de plaies difficiles, en particulier le pied diabétique. La Cochrane, qui produit les revues de littérature les plus rigoureuses en médecine, indique que le PRP pourrait améliorer la cicatrisation des ulcères du pied diabétique par rapport aux soins standards, tout en soulignant que le niveau de preuve reste faible faute d’études de grande taille et de bonne qualité méthodologique.

Ophtalmologie — sécheresse oculaire sévère
Une application plus récente et encore en évaluation : les collyres de PRP autologue pour les sécheresses oculaires sévères ne répondant pas aux traitements habituels. Les premières études rapportent une amélioration rapide des symptômes, sans effet indésirable rapporté, mais il s’agit encore de petites études pilotes, sans groupe contrôle : des essais plus larges sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

Urologie
Le PRP est également étudié en urologie, en particulier pour la dysfonction érectile. Injecté au niveau du tissu concerné, il viserait à favoriser la régénération locale des tissus et des petits vaisseaux. Les premiers travaux rapportent une amélioration chez une partie des patients, avec une bonne tolérance, mais il s’agit encore d’une piste en évaluation : les études disponibles restent peu nombreuses et de petite taille, et des travaux plus solides sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

Gynécologie
En gynécologie, le PRP est exploré pour améliorer le confort intime après la ménopause (sécheresse et atrophie des tissus), ainsi que, plus ponctuellement, pour l’incontinence urinaire d’effort chez la femme. Les injections de PRP au niveau de la muqueuse vaginale ont montré des résultats encourageants sur la sécheresse et la qualité de vie dans de petites études, avec une bonne tolérance rapportée.
Le PRP est aussi exploré en aide médicale à la procréation, dans le cadre de la fécondation in vitro. Injecté au niveau des ovaires, il est étudié chez les femmes présentant une réserve ovarienne diminuée : certains marqueurs biologiques de la réserve ovarienne s’améliorent, mais cela ne s’est pas encore traduit par une hausse claire des grossesses obtenues. Injecté dans l’utérus, il est aussi étudié en cas d’échecs d’implantation répétés lors d’un transfert d’embryon, avec des résultats plus encourageants sur le taux de grossesse dans certaines études — mais un possible surrisque de prématurité a été relevé et doit encore être clarifié.
Comme pour les autres indications récentes du PRP, il s’agit là de pistes actives de recherche, pas encore de pratiques validées à grande échelle.
Quels risques ? Un profil de sécurité rassurant

Le PRP présente un avantage de sécurité important : il est fabriqué à partir du propre sang du patient. Il n’y a donc ni rejet, ni réaction allergique à un produit étranger, ni risque de transmission d’une maladie infectieuse d’une autre personne.
« Le PRP étant un produit dérivé de votre sang, très peu d’effets indésirables sont attendus » — d’après le GRIIP. À ce jour, aucune complication grave n’a été documentée.
Effets possibles, généralement bénins et transitoires
- douleur au point d’injection dans les heures qui suivent (soulagée par la glace et des antalgiques simples)
- sensation de chaleur ou rougeur locale pendant 24 à 48h
- infection locale : possible mais très rare
- gonflement local chez les personnes ayant un terrain allergique (rare)
Contre-indications à évoquer avec votre médecin
- lésion cutanée ou infection active au point d’injection
- trouble de la coagulation
- maladie auto-immune avec présence d’anticorps
- tumeur maligne active, ou maladie du sang diagnostiquée dans les 5 dernières années
Par ailleurs, le PRP n’est pas classé comme substance dopante par l’Agence mondiale antidopage. Comme pour tout geste médical, contactez votre médecin sans attendre en cas de fièvre, de douleur intense, de rougeur ou de gonflement inhabituel après l’injection.
Au-delà du PRP
La médecine régénérative regroupe plusieurs approches complémentaires au PRP, comme les thérapies par cellules souches. RegeNao suit ces évolutions et pourra élargir son offre à mesure que ces techniques se développent.
Sources
Contenu rédigé à partir de sources scientifiques et institutionnelles de référence : GRIIP — Espace Grand Public · GRIIP — Fiche d’information articulation · GRIIP — Fiche d’information tendon · Revue systématique et méta-analyse — PRP et arthrose du genou · Revue systématique et méta-analyse — PRP et alopécie (2025) · PRP/PRF et ostéointégration implantaire · Cochrane — PRP et plaies chroniques · Étude pilote — collyres de PRP et sécheresse oculaire · Revue systématique et méta-analyse — PRP et dysfonction érectile · Étude randomisée — PRP et atrophie vulvovaginale · Revue systématique — PRP, dysfonction sexuelle féminine et incontinence urinaire d’effort · Méta-analyse d’essais contrôlés — PRP intra-ovarien et réserve ovarienne · Revue systématique et méta-analyse — PRP intra-utérin et échecs d’implantation. Cette page a une visée d’information générale et ne remplace pas une consultation médicale.